La collection Renault ou l’usine à rêves de la Régie
AccueilPolitiqueLExpress - Politique

La collection Renault ou l’usine à rêves de la Régie

LExpress - Politique 25 octobre 2026 à 10:30
L'Express

Soutenez L'Express

Retrouvez toute l'actualité sur le site de l'éditeur.

Visiter le site
Chez Renault, il y a les voitures et les grandes heures industrielles. Et il y a le rôle que la Régie a joué dans l’art contemporain. C’est cette aventure singulière que retrace Christophe Donner dans Ce que véhicule l’art (Grasset). Au fil d’un récit fleuve où s’entremêlent chronique familiale, politique et création, l’écrivain remonte aux origines d’un fonds qui voulait marier l’entreprise et les artistes. L’histoire commence d’ailleurs bien avant la création officielle de la collection Renault, en 1967. Dès les années 1930, le constructeur automobile emploie Robert Doisneau comme photographe à temps plein. Celui-ci arpente les ateliers pour documenter un univers industriel en pleine transformation, laissant un témoignage précieux sur le site de Billancourt et sur une certaine idée du travail. Mais le véritable tournant survient sous l’impulsion du directeur du personnel de la Régie, Claude Renard, un passionné d’art, proche de Malraux. Il a l’intuition d’ouvrir les portes de la "forteresse ouvrière" aux créateurs, de leur donner accès aux chaînes de montage, tout en offrant aux salariés la possibilité de découvrir des pratiques artistiques éloignées de leur quotidien. Favoriser des rencontres et des expériences plutôt que d’acheter des œuvres déjà consacrées : le concept est osé pour l’époque. En 1967, le sculpteur Arman s’empare ainsi de portières de Renault 4 pour façonner La Victoire de Salemotrice . Victor Vasarely, qui redessine le losange de la marque en 1972, Jean Tinguely, Jean Dubuffet ou le peintre Erro figurent aussi parmi les artistes associés à l’épopée, ce qu’ils produisent alors témoignant de la porosité entre culture populaire, abstraction, nouveau réalisme et imaginaire mécanique. Erro, "Motor scape", 1984 (photographie de Georges Poncet). Aujourd’hui, la collection rassemble plusieurs centaines de pièces. En juin 2024, le lancement du Fonds Renault pour l’art et la culture, sous la direction de Catherine Gros, donne un nouvel élan à cet héritage

Cet article provient de LExpress - Politique. Consultez l'article original pour la version complète.